Le jazz puise ses racines dans l’histoire des Noirs-africains arrachés à leur terre pour répondre au besoin massif de main d’oeuvre dans les plantations Master_Jubad’Amérique. La danse et la musique deviennent l’expression collective de ces esclaves d’ethnies différentes. Le besoin de distraction des Blancs les encourage. Dans ce contexte, ils s’imprègnent rapidement des traditions, des colons, migrants d’Europe. Pour la danse, citons la jig irlandaise, les quadrilles, etc. De nouvelles formes de danse afro-américaine font leur apparition.

Dès lors, le jazz ne cesse de croiser d’autres champs chorégraphiques et musicaux, qu’ils soient savants ou populaires. Citons les danses indiennes ou latino-américaines. Le jazz est une forme hybride, multiculturelle, lieu de tous les métissages. Utilisé pour la première fois en 1917, le mot « jazz » qualifie au départ des musiques syncopées, puis des danses de société américaine : charleston, black bottom, lindy hop.

Au cours des années 30, ce terme générique englobe l’ensemble des productions musicales se rattachant à la tradition et à l’esthétique africaine américaine : danses de société, danses scéniques du théâtre musical, danses cinématographiques et claquettes.

Les années 1940 représentent un moment de rupture esthétique important dans l’évolution de la danse jazz avec l’arrivée de chorégraphes classiques qui amorcent un changement de fonction de la danse dans le champ de la comédie musicale. On assiste aux brassages des influences chorégraphiques avec par exemple Jack Cole. C’est le Ballet Jazz de Broadway appelé aussi Free Style.

Certains chorégraphes souhaitent interroger leurs racines et redonner fierté au peuple noir, telle Katherine Dunham. Elle combine classique et moderne à des élements afro-caraïbes. Dans son sillage de jeunes chorégraphes noirs s’affirment, tels Talley Betty ou Alvin Ailey. Ils s’inspirent des techniques de la danse moderne, classique et d’élements issus de la culture noire, le jazz. Au début des années 60, leurs oeuvres sont placées dans la catégorie « black dance », puis Modern jazz. Un courant qui se répandra dans le monde entier.

 

D’après les propos d’Eliane Seguin, histoirienne de la danse (publiés dans Jazzpulsions).